
# Pose fenêtre en applique sans rejingot : méthode détaillée
La pose d’une fenêtre en applique sans rejingot représente une technique de plus en plus sollicitée dans les projets de rénovation énergétique et de construction neuve. Cette méthode consiste à fixer directement le dormant de la menuiserie sur le mur intérieur, sans créer d’appui maçonné traditionnel. L’absence de rejingot modifie profondément l’approche technique et impose une rigueur accrue concernant l’étanchéité et l’évacuation des eaux pluviales. Avec l’évolution des normes thermiques et l’exigence croissante de performances énergétiques, cette solution offre des avantages indéniables en termes de continuité d’isolation et de suppression des ponts thermiques. Elle nécessite cependant une maîtrise précise des différentes phases d’installation pour garantir la pérennité de l’ouvrage.
Caractéristiques techniques de la pose en applique sans rejingot
La pose en applique sans rejingot se distingue par son principe de fixation directe sur la paroi intérieure du mur, sans aucun élément maçonné servant d’appui en partie basse. Cette configuration implique que l’ensemble du poids de la menuiserie repose sur les fixations latérales et supérieures, rendant le système d’ancrage particulièrement crucial. L’absence de rejingot élimine certes un pont thermique potentiel, mais elle transfère également toute la responsabilité de l’étanchéité vers le système de bavette et les joints périphériques. Cette technique s’inscrit parfaitement dans une démarche d’optimisation thermique globale du bâtiment.
Différence entre pose en applique traditionnelle et pose sans rejingot
La pose en applique traditionnelle prévoit généralement un rejingot maçonné, c’est-à-dire une petite saillie en partie basse qui constitue l’assise de la fenêtre et facilite l’évacuation de l’eau vers l’extérieur. Ce rejingot, bien qu’utile pour la stabilité, crée souvent un point sensible thermiquement. À l’inverse, la pose sans rejingot supprime cet élément et nécessite l’installation d’une bavette métallique indépendante avec une pente minimale de 3% pour assurer le rejet des eaux pluviales. Cette différence fondamentale modifie l’approche de l’étanchéité et exige des précautions supplémentaires lors de la mise en œuvre. La fixation s’effectue uniquement par équerres métalliques espacées de 60 cm maximum, ce qui demande une attention particulière au dimensionnement des fixations.
Compatibilité avec les menuiseries PVC, aluminium et bois
Cette méthode de pose s’adapte à tous les matériaux de menuiserie couramment utilisés. Les fenêtres en PVC, grâce à leur légèreté et leur rigidité des profils renforcés, conviennent parfaitement à cette technique. Les menuiseries aluminium, plus lourdes mais également plus rigides, nécessitent un renforcement des points de fixation avec des équerres de section plus importante. Les fenêtres bois, quant à elles, présentent l’avantage d’une excellente isolation naturelle mais demandent une protection accrue en partie basse par un traitement hydrofuge renforcé. Quel que soit le matériau choisi, l’essentiel réside dans la qualité du dormant qui doit offrir une surface de contact suffisante avec l’isolant intérieur, généralement une largeur minimale de 28 mm selon les recommandations du DTU 36.5.
Contraintes d’étanchéité sans appui maçonné
En l’absence d’appui maçonné ou de rejingot, la pose fenêtre en applique sans rejingot concentre toutes les contraintes d’étanchéité sur la jonction bas de dormant / mur et sur la bavette rapportée. Concrètement, cela signifie que le moindre défaut de pente, de collage ou de joint peut se traduire par une infiltration d’eau, voire par des désordres dans l’isolant et les parements intérieurs. Le DTU 36.5 impose d’ailleurs que l’eau puisse s’évacuer librement vers l’extérieur, sans stagnation ni remontée capillaire sous la fenêtre.
Pour compenser l’absence de rejingot, on met en œuvre une bavette aluminium ou acier laqué couvrant toute l’épaisseur du mur, avec un nez dégagé d’au moins 10 mm verticalement et 15 mm horizontalement. Cette bavette doit être posée avec une pente minimale de 3% vers l’extérieur et désolidarisée de la menuiserie afin de ne pas transmettre les déformations. L’étanchéité à l’air et à l’eau repose ensuite sur un système multicouche : bande pré-comprimée, mousse expansive à faible expansion et cordon de mastic silicone ou polyuréthane en finition.
Épaisseur d’isolation requise pour la jonction mur-fenêtre
La pose en applique sans rejingot prend tout son sens dans les configurations avec isolation thermique par l’intérieur (ITI) ou par l’extérieur (ITE). L’objectif est de positionner le dormant dans le plan de l’isolant pour assurer une continuité thermique optimale, sans rupture au droit de la menuiserie. En pratique, cela impose de choisir une épaisseur de dormant et des tapées d’isolation adaptées à l’épaisseur totale du doublage (isolant + parement + éventuel vide technique).
On considère généralement qu’il faut une largeur de contact minimale de 28 mm entre le dormant et le support pour permettre un calfeutrement correct, avec un jeu de 10 à 20 mm pour la mise en œuvre des joints. Pour une isolation intérieure de 100 mm de polystyrène + 13 mm de plaque de plâtre, on optera par exemple pour un dormant de 125 mm, permettant d’englober le doublage tout en laissant la place aux membranes d’étanchéité. Si l’isolation est plus épaisse (140 à 160 mm), des dormants spécifiques ou des tapées rapportées seront nécessaires pour aligner parfaitement la fenêtre sur le plan isolant.
Outillage et matériaux nécessaires pour la fixation en applique
Avant de vous lancer dans une pose fenêtre en applique sans rejingot, il est indispensable de préparer un outillage complet et des matériaux conformes aux exigences actuelles en matière de performance thermique et d’étanchéité. Un chantier bien préparé, c’est déjà la moitié du travail accompli : vous gagnez du temps, vous limitez les erreurs et vous améliorez la qualité finale de l’installation. Les éléments de fixation, de calfeutrement et d’habillage doivent être pensés comme un système cohérent, et non comme une simple juxtaposition de produits.
Le choix des équerres, des vis, des chevilles, des membranes d’étanchéité et des mastics conditionne directement la durabilité de la pose en applique intérieure. On privilégiera toujours des matériaux compatibles entre eux (par exemple, silicone neutre avec aluminium laqué, membranes EPDM avec supports minéraux préparés, etc.). Un dernier point souvent négligé : les équipements de protection individuelle (gants, lunettes, chaussures de sécurité) restent indispensables, surtout lors du perçage des maçonneries et de la manipulation des vitrages.
Équerres de fixation à rupture de pont thermique
Les équerres de fixation jouent un rôle structurel majeur dans la pose en applique sans rejingot, car elles reprennent la totalité du poids de la menuiserie en l’absence d’appui maçonné. Pour limiter les ponts thermiques linéiques au droit des fixations, on privilégiera des équerres à rupture de pont thermique ou des systèmes de consoles isolées. Ces accessoires, généralement en acier galvanisé associé à un insert isolant (polyamide, résine renforcée), réduisent les transmissions de froid vers l’intérieur.
Leur dimensionnement doit tenir compte du poids total de la fenêtre (dormant + ouvrants + vitrage), de la hauteur de pose et des contraintes de vent de la zone géographique. En règle générale, on respecte un espacement maximal de 60 cm entre équerres, avec un renfort en partie basse et au niveau des montants. Vous vous demandez comment choisir parmi les nombreux modèles du marché ? Privilégiez les équerres certifiées et testées en laboratoire, accompagnées de charges admissibles clairement indiquées par le fabricant.
Vis inox et chevilles adaptées aux supports maçonnés
La meilleure équerre du monde ne sert à rien si la visserie et les chevilles ne sont pas adaptées au support. Sur un mur en béton plein, on utilisera des chevilles à expansion ou à frappe de diamètre suffisant (généralement 8 à 10 mm), tandis que sur une brique creuse ou un parpaing, on optera pour des chevilles à expansion multi-matériaux ou des scellements chimiques. Les vis inox ou acier zingué haute résistance garantissent une tenue durable, même en atmosphère humide.
Le respect des profondeurs d’ancrage et des couples de serrage est essentiel pour éviter le desserrage progressif et les déformations du dormant. Pensez à toujours réaliser un perçage au bon diamètre et à dépoussiérer les trous avant la mise en place des chevilles, sous peine de perdre jusqu’à 30% de la capacité de traction de l’ancrage. Une astuce de pro : effectuez un essai de traction manuelle sur une équerre avant de poser la menuiserie, afin de vérifier la qualité du support et de l’ancrage.
Membranes d’étanchéité EPDM et bandes pré-comprimées
Pour traiter correctement l’étanchéité périphérique, la pose fenêtre en applique sans rejingot s’appuie de plus en plus sur des membranes EPDM et des bandes pré-comprimées (type ILLMOD). Les membranes EPDM, collées sur le mur et le dormant, assurent une barrière souple et durable contre l’air et l’eau. Elles sont particulièrement adaptées en bas de menuiserie, au-dessus de la bavette, ainsi que sur les montants exposés aux pluies battantes.
Les bandes pré-comprimées, quant à elles, se présentent sous forme de rubans qui se dilatent une fois posés pour venir épouser les irrégularités du support. Classées selon des niveaux de perméabilité à l’air et de résistance à la pluie battante, elles constituent une première ligne de défense très efficace lorsque la largeur de joint est maîtrisée (souvent entre 5 et 20 mm). L’association membrane EPDM + compribande + calfeutrement mousse/mastic crée un système d’étanchéité redondant qui tolère mieux les mouvements différentiels entre la maçonnerie et la fenêtre.
Mousse polyuréthane faible expansion et mastic silicone neutre
La mousse polyuréthane à faible expansion est utilisée pour combler le joint périphérique entre le dormant et la maçonnerie, tout en limitant les efforts de poussée susceptibles de déformer le cadre. Contrairement aux mousses haute expansion, elle permet un remplissage contrôlé du joint et une meilleure maîtrise des contraintes. Elle participe à l’isolation thermique et acoustique de la jonction, mais ne doit jamais être considérée comme l’unique élément d’étanchéité.
En finition, un mastic silicone neutre ou polyuréthane vient réaliser un cordon continu sur le pourtour extérieur de la fenêtre. Le silicone neutre est particulièrement adapté aux menuiseries aluminium et PVC, car il n’attaque pas les laquages ni les joints EPDM. Le polyuréthane, plus rigide, sera préféré sur supports minéraux lorsque l’adhérence prime. Dans tous les cas, la largeur et la profondeur du joint doivent respecter les préconisations des fabricants (généralement rapport 1:2) pour absorber les mouvements sans fissurer.
Préparation du tableau de baie sans rejingot
Une pose en applique sans rejingot réussie commence toujours par une préparation rigoureuse du tableau de baie. Cette phase, souvent sous-estimée, conditionne pourtant la planéité, l’étanchéité et la facilité de réglage de la fenêtre. Avant même de présenter la menuiserie, on s’assure que le support est stable, sain, propre et conforme aux tolérances acceptées par le DTU 36.5. En rénovation, cela implique parfois de reprendre des maçonneries vieillissantes ou irrégulières.
Vous hésitez à investir du temps dans cette préparation ? Imaginez la fenêtre comme une porte d’entrée de chaleur et de lumière : si son cadre repose sur un support bancal ou friable, toutes les performances annoncées par le fabricant seront dégradées. Mieux vaut donc passer une heure de plus à corriger le tableau que de subir des infiltrations ou des déformations quelques mois plus tard.
Vérification de l’équerrage et du niveau du support
Première étape : le contrôle dimensionnel et géométrique de la baie. À l’aide d’un mètre ruban, d’un niveau à bulle et d’une règle aluminium de 2 m, on vérifie la largeur, la hauteur, l’aplomb des tableaux et l’horizontalité de la partie basse. Les tolérances gros-œuvre classiques sont de l’ordre de ±10 mm en largeur et hauteur, avec un défaut d’horizontalité limité à 3 mm/m et un faux-aplomb maximum de 10 mm sur la hauteur de la baie.
Le contrôle de l’équerrage se fait par la mesure des diagonales : la différence entre les deux mesures doit rester inférieure à 2 mm par mètre. Au-delà, un rattrapage sera nécessaire sous peine d’avoir des jeux irréguliers entre ouvrants et dormant. Ce contrôle peut paraître fastidieux, mais il évite les problèmes d’ouverture difficile, de frottements ou de joints inégaux, fréquents sur les chantiers où l’on a fait l’impasse sur ces vérifications.
Traitement des irrégularités de maçonnerie au mortier
Les irrégularités de maçonnerie (nids de gravier, manques de matière, bosses, creux) doivent être traitées avant la pose, surtout en bas de baie où la fenêtre ne bénéficie d’aucun rejingot. On utilise généralement un mortier de réparation ou un mortier de ragréage adapté au support (béton, brique, bloc béton cellulaire, etc.), en veillant à reconstituer une surface plane et résistante. L’objectif est de disposer d’une assise continue pour les cales de pose et les équerres.
En partie basse, lorsqu’il n’y a ni rejingot ni appui maçonné exploitable, il peut être nécessaire de créer une tablette de rattrapage en mortier hydrofuge ou en béton allégé, légèrement en pente vers l’extérieur. Cette reconstitution ne remplace pas un rejingot au sens du DTU, mais elle offre une base plus sûre pour la fixation des bavettes et la protection de l’isolant. Comme pour un enduit, le temps de séchage doit être respecté avant de poursuivre le chantier.
Application du primaire d’accrochage sur les parois
Pour garantir l’adhérence des mastics, des mousses et des membranes d’étanchéité, l’application d’un primaire d’accrochage sur les parois du tableau est fortement recommandée, voire indispensable dans certains systèmes. Ce primaire, compatible avec le support (minéral, bois, ancien enduit) et les produits de calfeutrement, limite les risques de décollement prématuré et améliore la durabilité de l’ouvrage.
On applique le primaire au pinceau ou au rouleau, sur un support dépoussiéré et sec, en respectant le temps de séchage indiqué par le fabricant. Les zones prioritaires sont le bas de baie (au-dessus de la future bavette), les tableaux verticaux et, si nécessaire, le linteau. C’est un peu comme apprêter un mur avant peinture : cette étape invisible au premier coup d’œil fait pourtant toute la différence sur le long terme.
Méthode de fixation du dormant sur la façade intérieure
Une fois le tableau préparé, vient l’étape clé de la pose fenêtre en applique sans rejingot : la fixation du dormant sur la façade intérieure. Ici, la précision est de mise, car la moindre erreur d’alignement peut se traduire par des dysfonctionnements, des contraintes sur le vitrage ou une mauvaise répartition des charges sur les points d’ancrage. On procède donc par étapes successives : positionnement, calage, perçage, fixation, puis réglage fin.
La plupart des fabricants préconisent de déposer les ouvrants et parfois même le vitrage pour alléger le dormant pendant la pose. Cette précaution facilite la manipulation, réduit les risques de casse et permet des réglages plus fins. Pensez à repérer les positions des ferrures et à stocker les éléments à l’abri des chocs pendant toute la durée du chantier.
Positionnement du dormant avec cales de maintien périphériques
Le dormant est d’abord présenté dans la baie et positionné selon les repères tracés préalablement (axes, niveaux, alignement avec l’isolant). Des cales de maintien en PVC ou bois dur sont disposées en partie basse et sur les côtés pour stabiliser le cadre sans le déformer. Ces cales assurent le respect des jeux de pose (généralement 10 à 15 mm) nécessaires au calfeutrement et aux dilatations.
On vérifie immédiatement l’aplomb des montants, le niveau de la traverse basse et la planéité générale, à l’aide d’un niveau à bulle et d’une règle. Si besoin, on ajuste les cales jusqu’à obtenir un positionnement parfait. Vous avez l’impression de passer du temps à jouer avec quelques millimètres ? C’est précisément ce travail de réglage qui garantit ensuite un fonctionnement fluide des ouvrants et une étanchéité homogène.
Perçage traversant et fixation des équerres métalliques
Une fois le dormant calé, on procède au perçage traversant pour la mise en place des équerres de fixation. Selon les systèmes, les équerres sont soit clipsées sur le dormant puis fixées au mur, soit ancrées d’abord dans la maçonnerie puis vissées sur le cadre. Dans tous les cas, on respecte un espacement maximal de 60 cm entre deux fixations et on renforce les zones sollicitées (angles, montant de gâche, partie basse).
Le perçage doit être perpendiculaire au support pour garantir une bonne prise des chevilles et éviter les tensions parasites sur les équerres. On utilise une perceuse à percussion ou un perforateur adapté, en veillant à ne pas endommager les réseaux éventuellement présents dans la paroi (électricité, plomberie). Après dépoussiérage, les chevilles sont mises en place puis les vis serrées progressivement, sans forcer, afin de ne pas déformer le dormant.
Réglage tridimensionnel avant serrage définitif
Avant de bloquer définitivement les fixations, un réglage tridimensionnel du dormant s’impose : verticalement, horizontalement et en profondeur. Ce réglage permet d’aligner parfaitement la fenêtre avec le plan de l’isolation, de corriger les petits défauts de maçonnerie et d’assurer un jeu régulier tout autour de l’ouvrant. Certaines équerres sont d’ailleurs conçues pour autoriser ces ajustements grâce à des lumières oblongues et des vis de réglage.
On procède par petites touches, en contrôlant à chaque fois l’équerrage et l’aplomb, puis en resserrant progressivement les vis des équerres. Pensez à contrôler également l’alignement par rapport aux autres menuiseries de la façade, pour garantir une cohérence esthétique. Tant que les serrages ne sont pas définitifs, vous avez la possibilité de corriger les défauts ; une fois les joints et bavettes posés, les rectifications deviennent beaucoup plus complexes.
Contrôle de la planéité avec niveau à bulle et règle aluminium
Le contrôle de la planéité finale s’effectue à l’aide d’un niveau à bulle de bonne longueur et d’une règle aluminium de 2 m appliquée sur les montants et traverses du dormant. L’objectif est de s’assurer qu’aucune déformation n’est apparue lors du serrage des fixations et que la menuiserie ne présente pas de cintrage ou de vrillage. Les tolérances admises sont généralement de l’ordre de 2 mm/m, conformément aux prescriptions du DTU.
On profite de ce contrôle pour vérifier une première fois le fonctionnement des ouvrants, après les avoir reposés si nécessaire : la fenêtre doit s’ouvrir et se fermer sans point dur, sans frottement et avec un jeu homogène entre ouvrant et dormant. Si ce n’est pas le cas, il est encore temps d’ajuster légèrement les fixations ou les cales. C’est un peu comme régler une porte de placard : quelques dixièmes de millimètre peuvent faire toute la différence au quotidien.
Étanchéité périphérique et jonction isolation-menuiserie
Une fois le dormant solidement fixé, l’enjeu principal devient l’étanchéité périphérique et la continuité entre l’isolation du mur et la menuiserie. La pose fenêtre en applique sans rejingot ne laisse aucune marge d’erreur sur ce point : l’absence d’appui traditionnel impose un traitement particulièrement soigné du bas de baie et des angles, véritables zones sensibles. On travaille ici en trois temps : mise en place des bandes ou membranes, calfeutrement du joint au droit du mur, puis finition au mastic.
Dans les constructions récentes soumises à la RE 2020, la performance d’étanchéité à l’air est vérifiée par un test de mise en pression (test « blower door »), où chaque fuite potentielle compte. Traiter la jonction isolation-menuiserie avec des produits adaptés devient donc un passage obligé si vous visez un bâtiment performant, voire un niveau BBC ou passif.
Pose de la bande ILLMOD ou membrane d’étanchéité à l’air
La première barrière est souvent assurée par une bande pré-comprimée type ILLMOD ou une membrane d’étanchéité à l’air spécifique. La bande pré-comprimée se colle soit sur le chant du dormant, soit sur le bord du tableau, avant la pose définitive de la fenêtre. Une fois en place, elle se dilate progressivement pour remplir le joint et offrir une résistance élevée à la pluie battante tout en restant perméable à la vapeur.
Les membranes d’étanchéité, quant à elles, se collent après la fixation du dormant, en assurant un recouvrement suffisant sur le support et sur la menuiserie (généralement 30 à 50 mm). Elles peuvent être posées en intérieur pour l’étanchéité à l’air et en extérieur pour la protection contre l’eau, selon le principe « plus ouvert vers l’extérieur que vers l’intérieur ». L’objectif est de créer un « pare-pluie » et un « pare-vapeur » cohérents autour de la fenêtre.
Calfeutrement du joint dormant-maçonnerie à la mousse expansive
Le calfeutrement à la mousse expansive intervient ensuite pour compléter le remplissage du joint entre dormant et maçonnerie, sur toute l’épaisseur du mur. On utilise une mousse polyuréthane à faible expansion, appliquée au pistolet en couches fines et régulières, en veillant à ne pas remplir complètement le joint pour laisser de la place aux éventuels mouvements. Une fois durcie, la mousse assure une bonne isolation thermique et acoustique, tout en contribuant au maintien du dormant.
Il est important de couper les excédents de mousse au cutter après durcissement, sans arracher ni endommager la structure du joint. Dans certains cas, notamment en bas de baie, on privilégiera un mélange de mousse et de bandes isolantes compressibles pour s’adapter aux irrégularités du support. Cette étape est un peu comme poser de la laine entre deux chevrons : plus le remplissage est homogène, plus la performance thermique est au rendez-vous.
Application du cordon de mastic sur le pourtour extérieur
Enfin, un cordon de mastic silicone neutre ou polyuréthane est appliqué en périphérie extérieure de la menuiserie, au contact du dormant et du revêtement de façade (enduit, bardage, béton apparent). Ce joint extérieur constitue la dernière barrière contre les infiltrations d’eau, en particulier dans les zones exposées au vent et à la pluie. Il doit être continu, sans reprise, et présenter une section suffisante pour absorber les mouvements différentiels sans se fissurer.
On lisse le mastic immédiatement après application, avec un doigt ganté ou une spatule, éventuellement humidifiés avec un produit adapté, pour obtenir un profil convexe régulier. Une bonne pratique consiste à réaliser ce joint après la pose des bavettes et des habillages extérieurs, afin de traiter en une seule fois toutes les jonctions. Un dernier contrôle visuel à la lampe permet de repérer les éventuels manques ou bulles d’air à reprendre avant séchage complet.
Finitions et habillage après pose en applique sans rejingot
Les finitions constituent la dernière étape de la pose fenêtre en applique sans rejingot, mais elles ne sont pas seulement esthétiques : elles participent pleinement à l’étanchéité et à la durabilité de l’ensemble. Habillages, tapées d’isolation, profils de recouvrement, raccords d’enduit ou de bardage doivent être pensés comme un système continu, guidant l’eau vers l’extérieur et protégeant les interfaces sensibles. C’est aussi à ce stade que vous donnez à votre façade son aspect final, plus ou moins contemporain selon les choix de matériaux.
Une finition soignée permet également de faciliter l’entretien futur de la menuiserie et de détecter rapidement d’éventuels désordres (microfissures, décollements, traces d’humidité). À l’inverse, des raccords approximatifs ou des joints mal réalisés peuvent masquer des infiltrations lentes, difficilement détectables avant l’apparition de dégâts sur les parements intérieurs.
Installation des tapées d’isolation et profils de recouvrement
Les tapées d’isolation, intégrées au dormant ou rapportées, permettent de rejoindre proprement l’isolant intérieur ou extérieur au cadre de la fenêtre. Elles évitent la création d’un pont thermique linéique au droit de la menuiserie et assurent une finition nette côté intérieur comme côté extérieur. Dans une pose en applique sans rejingot, elles sont particulièrement importantes en partie basse, où l’isolant risque sinon d’être exposé aux remontées d’eau.
Les profils de recouvrement (couvre-joints, cornières, profilés en aluminium ou PVC) viennent ensuite masquer les joints et les interfaces entre matériaux, tout en apportant une protection mécanique contre les chocs et les ruissellements. On les fixe selon les préconisations du fabricant, en veillant à ne pas percer les zones critiques d’étanchéité. Comme un habillage de toiture bien conçu, ces profils assurent une transition harmonieuse entre menuiserie, isolant et support.
Raccordement avec l’enduit de façade ou le bardage extérieur
Le raccordement entre la fenêtre et l’enduit de façade ou le bardage extérieur doit respecter les règles de l’art de chaque système (ETICS, bardage ventilé, enduit sur maçonnerie, etc.). En façade enduite, on prévoit généralement un arrêt d’enduit au droit du dormant, protégé par un profil de finition ou un joint de mastic. L’enduit ne doit pas recouvrir le profil de la fenêtre, sous peine de fissurer et de créer des points d’infiltration.
En présence d’un bardage, la menuiserie s’aligne sur le plan du pare-pluie, et des profils spécifiques (tapées de bardage, cornières d’entourage) assurent la jonction. On veille à maintenir la lame d’air ventilée derrière le bardage, y compris autour de la fenêtre, pour éviter les condensations. Là encore, la pose fenêtre en applique sans rejingot impose une grande vigilance en bas de baie, où l’eau projetée sur le bardage peut revenir vers la menuiserie si les débords et les profils ne sont pas correctement dimensionnés.
Vérification de la perméabilité à l’air selon norme NF EN 12207
Pour valider la qualité de la pose et l’étanchéité de la fenêtre, on peut se référer à la norme NF EN 12207, qui classe les menuiseries selon leur perméabilité à l’air (de la classe 1 à 4, la classe 4 étant la plus performante). Si le classement intrinsèque de la fenêtre dépend du produit lui-même, la mise en œuvre influence directement les performances réelles sur chantier. Une fenêtre classée 4 mal posée pourra se comporter comme une menuiserie de classe 2 ou 3.
Dans les projets de construction neuve ou de rénovation performante, un test d’infiltrométrie (blower door test) permet de vérifier la perméabilité à l’air de l’ensemble du bâtiment, y compris des fenêtres. En cas de fuite détectée au droit d’une pose en applique sans rejingot, on revient généralement sur les joints périphériques, les interfaces avec l’isolant et les zones de raccordement avec l’enduit ou le bardage. Prendre le temps de tester, c’est s’assurer que tous les efforts consentis sur la qualité de la menuiserie et de l’isolation ne sont pas réduits à néant par quelques fuites d’air mal maîtrisées.